Fer : fatigue persistante, ferritine normale… et si le problème venait quand même du fer ?

Dans cet article, je vous propose de comprendre le rôle réel du fer dans l’organisme, pourquoi une ferritine normale ne garantit pas toujours un bon fonctionnement, et comment l’inflammation ou des troubles digestifs peuvent perturber son utilisation.

NATUROPATHIE

Laureline.naturo

1/14/20263 min read

Le fer est un minéral essentiel à de nombreux processus physiologiques. La fatigue chronique est l’un des motifs de consultation les plus fréquents, et très souvent, lorsqu’une prise de sang revient avec une ferritine « dans les normes », le fer est rapidement écarté des pistes possibles. Pourtant, dans la pratique clinique comme dans la littérature scientifique, il est bien établi qu’un statut martial peut être fonctionnellement insuffisant, même avec une ferritine normale.

Dans cet article, nous allons explorer le rôle du fer dans l’organisme, pourquoi une ferritine normale ne garantit pas un bon fonctionnement, et comment l’inflammation ou des troubles digestifs peuvent perturber son utilisation.

Le fer : bien plus qu’un simple marqueur sanguin

Le fer intervient dans la fabrication de l’hémoglobine pour transporter l’oxygène, mais aussi dans la production d’énergie au niveau cellulaire, le fonctionnement du système immunitaire, la synthèse de neurotransmetteurs et la régulation hormonale. Lorsque le fer est insuffisant ou mal utilisé, les cellules reçoivent moins d’oxygène et produisent moins d’énergie, ce qui se traduit par une fatigue persistante et disproportionnée par rapport au repos.

Ferritine normale : pourquoi cela peut être trompeur

La ferritine reflète théoriquement les réserves de fer, mais elle est également protéine de l’inflammation. Ainsi, une ferritine normale ou légèrement élevée peut masquer un déficit fonctionnel lorsque le fer est retenu dans les réserves et non disponible pour les tissus.

Le lien entre inflammation et métabolisme du fer

L’inflammation stimule la production d’hepcidine, une hormone qui bloque l’absorption du fer et sa libération depuis les réserves. Résultat : le fer reste inaccessible aux cellules, même si la ferritine est normale.

Comment reconnaître un déficit fonctionnel en fer

Les signes peuvent inclure fatigue intense, essoufflement à l’effort, baisse de concentration, maux de tête, sensation de froid, chute de cheveux ou fragilité des ongles. Chez les femmes, les règles abondantes, la périménopause ou la ménopause augmentent le risque de déficit fonctionnel.

Apports alimentaires et formes de fer

Le fer se trouve dans de nombreux aliments, sous deux formes principales :

  • Fer héminique : mieux absorbé, d’origine animale. Présent dans la viande rouge, le boudin noir, les fruits de mer et le foie.

  • Fer non héminique : d’origine végétale, moins bien absorbé, sensible aux inhibiteurs comme les phytates et polyphénols. On le trouve dans les légumineuses, le tofu, les légumes verts (épinards, brocolis), les graines et les céréales complètes.

Une alimentation équilibrée inclut les deux formes, mais dans certaines situations, notamment en cas de déficit fonctionnel ou d’inflammation, elle peut ne pas suffire.

Certains aliments ou composés peuvent réduire l’absorption du fer et aggraver un déficit fonctionnel : les polyphénols présents dans le thé, le café ou le cacao, les phytates des céréales et légumineuses non germées, le calcium des produits laitiers, certains médicaments comme les antiacides ou les inhibiteurs de la pompe à protons, ainsi que d’autres minéraux lorsqu’ils sont pris simultanément, notamment le magnésium, le zinc ou le calcium. Ces interactions peuvent limiter l’efficacité du fer alimentaire ou des compléments si elles ne sont pas prises en compte.

Transferrine, transport du fer et lecture fonctionnelle

La transferrine transporte le fer dans le sang vers les tissus qui en ont besoin. La saturation de la transferrine (CST) indique l’efficacité du transport. Une CST basse peut signaler un déficit fonctionnel même si la ferritine est normale.

Supplémentation en fer : formes, cofacteurs et précautions

Le fer bisglycinate est considéré comme la forme la mieux absorbée et la mieux tolérée, grâce à son chélate avec la glycine.

  • Les cofacteurs essentiels comme la vitamine C (absorption),

  • les vitamines B9 et B12 (fabrication des globules rouges)

  • le cuivre (transport et utilisation du fer) sont importants.

  • Une bonne chlorydrie favorise aussi la libération et l’absorption du fer.

Encadré pratique : Bilan sanguin et absorption du fer

Pour évaluer le statut en fer, il ne suffit pas de regarder la ferritine seule. Une approche complète inclut :

  • Ferritine pour les réserves,

  • Transferrine et CST pour le transport,

  • CRP pour l’inflammation,

  • pH gastrique et chlorydrie pour la capacité d’absorption.

Cette lecture permet de distinguer un déficit réel, fonctionnel ou secondaire à une mauvaise absorption.

Une vision globale et nuancée du fer

Le fer est un minéral indispensable, révélateur du terrain inflammatoire et digestif. Un accompagnement personnalisé permet de comprendre pourquoi il est mal utilisé et d’agir efficacement pour restaurer l’énergie et le bien-être.



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