Bore-out : comprendre l’ennui qui épuise et comment agir avant l’effondrement

Bore-out : comprendre l’ennui au travail, ses symptômes réels et ses impacts sur la santé, avec des clés concrètes pour prévenir l’épuisement professionnel.

QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL

Laureline.naturo

1/30/20265 min read

Vous rentrez du travail fatigué sans avoir l’impression d’avoir réellement travaillé. Vos journées semblent longues, creuses, peu stimulantes, et votre motivation s’effrite semaine après semaine. Contrairement aux idées reçues, ce type d’épuisement n’est ni un manque de volonté ni un confort mal vécu. Il porte un nom : le bore-out.

Encore peu reconnu en entreprise, le bore-out est pourtant bien documenté en psychologie du travail. Il s’agit d’un état d’épuisement lié à l’ennui chronique, au sous‑engagement intellectuel et à la sous‑stimulation cognitive prolongée. Comprendre les mécanismes physiologiques et psychiques en jeu est une étape essentielle pour prévenir une dégradation plus profonde de la santé mentale, émotionnelle et physique.

Bore-out : définition et cadre scientifique

Le bore-out désigne un syndrome d’épuisement professionnel causé non pas par une surcharge, mais par un manque de stimulation, de défi et de sens au travail. Il survient lorsque les compétences d’un salarié ne sont pas mobilisées, que les tâches sont répétitives, pauvres ou déconnectées de sa valeur ajoutée réelle. En psychologie du travail, le bore-out est intégré aux risques psychosociaux, au même titre que le burn-out ou le stress chronique, car ses conséquences sur la santé sont bien réelles.

Ce syndrome apparaît fréquemment dans des contextes où l’autonomie est limitée, où la reconnaissance est faible et où le salarié ressent un décalage entre ce qu’il pourrait apporter et ce qui lui est demandé. Le paradoxe central du bore-out est d’être physiquement présent au travail tout en étant mentalement sous‑sollicité, ce qui génère une fatigue insidieuse et souvent incomprise.

Physiologie du bore-out : ce qui se passe dans le corps et le cerveau

Le cerveau humain est conçu pour apprendre, résoudre des problèmes et relever des défis. Lorsqu’il est insuffisamment stimulé sur la durée, la production de dopamine, neurotransmetteur clé de la motivation et de l’élan, diminue progressivement. Cette baisse entraîne une perte d’intérêt, une diminution du plaisir et une fatigue mentale qui peut sembler disproportionnée par rapport à la charge de travail réelle. L’ennui prolongé n’est pas neutre pour le cerveau : il demande un effort constant d’auto‑contrôle, de simulation d’activité et de retenue émotionnelle.

Contrairement aux idées reçues, le bore-out active également les mécanismes du stress. Le salarié doit souvent donner l’illusion d’être occupé, composer avec une culpabilité diffuse et anticiper le regard des autres. Cette dissonance entretient une activation chronique du système nerveux, avec une élévation du cortisol sur le long terme. Peu à peu apparaissent des troubles du sommeil, des tensions musculaires, une irritabilité inhabituelle et une sensation d’épuisement général.

Les symptômes réels du bore-out

Le bore-out se manifeste d’abord par des signes psychiques et cognitifs très concrets :

  • La motivation chute durablement,

  • la concentration devient difficile,

  • l’esprit se met en pilote automatique

  • la procrastination augmente.

  • De nombreuses personnes décrivent un vide intellectuel,

  • une impression de ne plus être pleinement présentes à ce qu’elles font,

  • ainsi qu’une fatigue mentale persistante, même après des journées calmes.

Sur le plan émotionnel :

  • l’irritabilité s’installe,

  • l’hypersensibilité augmente

  • l’estime de soi diminue progressivement.

    Le salarié peut se sentir inutile, perdre confiance en ses compétences et ressentir une forme de honte à l’idée de souffrir alors que le travail semble objectivement peu exigeant. Cet auto‑silencement est l’un des facteurs majeurs d’aggravation du bore-out.

Le corps finit également par exprimer ce déséquilibre. Fatigue physique persistante, sommeil non réparateur, troubles digestifs fonctionnels, tensions cervicales ou dorsales, maux de tête et sensation de lourdeur corporelle sont fréquemment observés. Le corps somatise ce que le mental n’ose pas toujours reconnaître.

Bore-out et santé mentale : comprendre le risque

Lorsqu’il n’est ni identifié ni accompagné, le bore-out peut évoluer vers un état anxieux chronique, une perte globale d’élan vital, voire un état dépressif léger à modéré. Dans certains cas, il constitue même un terrain favorable à un burn-out secondaire, lorsque la sous‑stimulation se transforme brutalement en surcharge ou en pression accrue. La principale difficulté reste la non‑légitimité ressentie de la souffrance, qui retarde la demande d’aide et prolonge l’exposition au stress silencieux.

Apports de la naturopathie : des solutions concrètes et pratico‑pratiques

Sans parler de protocole figé, l’approche naturopathique permet de soutenir l’organisme et le système nerveux face à ce type d’épuisement. L’objectif est d’aider le corps à sortir d’un état d’adaptation prolongée et à retrouver de l’élan.

Sur le plan nerveux, un travail régulier sur la respiration consciente, comme la cohérence cardiaque pratiquée deux à trois fois par jour, aide à réguler le cortisol et à apaiser la tension de fond. L’amélioration du sommeil est également centrale, en réinstaurant des horaires réguliers, en limitant les écrans le soir et en favorisant des rituels de détente corporelle.

L’alimentation joue un rôle clé dans le soutien de l’énergie mentale. Des repas équilibrés, riches en protéines de qualité, en bons lipides et en micronutriments essentiels, permettent de stabiliser la glycémie et de soutenir la synthèse des neurotransmetteurs.

Une hydratation suffisante tout au long de la journée et des pauses repas réellement prises hors écran contribuent également à réduire la fatigue cognitive.

Le mouvement est un autre levier fondamental. Des micro‑pauses actives, quelques minutes de marche, d’étirements ou de respiration en pleine conscience permettent de relancer la circulation, l’oxygénation cérébrale et la vitalité globale.

Enfin, la naturopathie invite à se reconnecter aux signaux du corps, à identifier les premiers signes de fatigue et à redonner une place au ressenti corporel, souvent mis de côté dans les contextes de bore-out.

Prévenir le bore-out : une responsabilité partagée

Du côté des salariés, prévenir le bore-out passe par l’observation de sa fatigue, même en l’absence de surcharge, la mise en place de micro‑défis personnels, la diversification des tâches lorsque cela est possible et le respect de temps de récupération réels.

Du côté des employeurs et des managers, la prévention repose sur l’adéquation entre les missions et les compétences, la valorisation de l’autonomie, la reconnaissance du travail fourni et l’intégration du bore-out dans les risques psychosociaux. Un salarié stimulé, reconnu et engagé est un salarié en meilleure santé.

Conclusion

Le bore-out n’est ni un caprice ni une faiblesse. C’est un signal d’alerte physiologique et psychique indiquant un déséquilibre entre potentiel, sens et stimulation. Agir tôt permet d’éviter un épuisement silencieux aux conséquences durables.

Si vous êtes salarié et que vous vous reconnaissez dans ces signes, ne banalisez pas votre fatigue. Commencez par réintroduire du mouvement, de la respiration et une meilleure écoute de votre corps, et osez questionner votre environnement de travail.

Si vous êtes employeur ou manager, interrogez la richesse des missions proposées et ouvrez des espaces de dialogue autour du sens et de la stimulation au travail.

Vous souhaitez aller plus loin et être accompagné de manière globale et personnalisée ? Je peux vous aider à mieux comprendre les signaux de votre corps, à prévenir l’épuisement professionnel et à retrouver énergie, clarté et motivation au travail. N’hésitez pas à me contacter pour un accompagnement adapté à votre réalité professionnelle à Javené au cabinet situé en Ille-et-vilaine ou en visio